Sur le promontoire du Mont-Jalla, épaulement avancé du massif de la Chartreuse au-dessus de Grenoble, le mémorial national des Troupes de Montagne veille à 634 mètres d’altitude, sur la commune de Saint-Martin-le-Vinoux. Le terrain de 2 500 m² a été donné par la commune à l’Union des Troupes de Montagne, l’ancêtre de la FRESM, pour y bâtir un lieu voulu en montagne, à l’écart du bruit et de l’agitation, mais en vue directe de la ville. Fait de pierres calcaires découpées, de dimensions harmonieuses, il a été conçu simple, sobre et droit, et inauguré le 17 juin 2000.

Le mur de la Mémoire
Le mur central, dit mur de la Mémoire, porte les plaques d’acier rappelant les noms des campagnes au cours desquelles environ 150 000 soldats de montagne sont tombés au service de la France depuis la création du corps en 1888 : des Vosges de la Grande Guerre à la Norvège de 1940, des Alpes aux théâtres extérieurs contemporains. Chaque campagne gravée renvoie à des bataillons, des cols, des hivers — une histoire que le musée des Troupes de Montagne, en contrebas, raconte salle après salle.
Le mur du Souvenir
La falaise Est, dite mur du Souvenir, est vouée à la reconnaissance envers ceux qui ont servi avec honneur sous la tenue des Troupes de Montagne, souvent au péril de leur vie. C’est un lieu vivant : les jeunes engagés de la 27e brigade d’infanterie de montagne y sont régulièrement présentés au drapeau, et les amicales s’y rassemblent aux dates anniversaires. Le site accueille ainsi, année après année, la rencontre des générations qui fait la force de la mouvance montagne.
Un balcon sur les Alpes
Depuis l’esplanade, le regard embrasse les massifs qui encadrent Grenoble : le Vercors, Belledonne, l’Oisans, le Dévoluy, et par temps clair jusqu’au Mont Blanc. Ce panorama n’est pas un décor : c’est le terrain même des troupes de montagne, celui de leurs entraînements comme de leurs combats. Peu de mémoriaux offrent une telle unité entre ce qu’ils commémorent et ce qu’ils donnent à voir.
Y accéder
À pied, prendre le chemin qui part de l’entrée du jardin des Dauphins et monte à la Bastille, sortir du fort par la porte ouest en direction des grottes de Mandrin, puis suivre le sentier qui s’élève à gauche du restaurant du Père Gras — compter une bonne demi-heure depuis le fort. Plus rapide : le téléphérique de Grenoble-Bastille, puis la fin de la montée à pied. La sortie se prolonge naturellement par la visite du musée au fort de la Bastille, ou par les chemins de la mémoire qui parcourent les fortifications environnantes, du Rachais aux ouvrages de la Chartreuse.