Le musée des Troupes de Montagne

Installé sur les hauteurs de Grenoble, dans les grandes salles voûtées du fort de la Bastille, le musée des Troupes de Montagne retrace, par des maquettes, des collections d’uniformes et des dispositifs audiovisuels, plus de 130 ans d’engagements des troupes de montagne françaises. Inauguré le 1er octobre 2009 dans sa scénographie actuelle, il est aujourd’hui gratuit — une rareté qui en fait l’une des plus belles portes d’entrée dans l’histoire militaire alpine.

Entrée du musée des Troupes de Montagne au fort de la Bastille
L’entrée du musée, sous les voûtes du fort de la Bastille. Photo Milky, domaine public, via Wikimedia Commons.

De 1888 à nos jours

Tout commence par la loi du 24 décembre 1888 : face au risque d’invasion par les cols, douze des trente et un bataillons de chasseurs à pied deviennent des bataillons alpins, bientôt rejoints par l’artillerie de montagne. Une silhouette naît, reconnaissable entre toutes avec sa grande coiffe souple, la « tarte », et une culture du terrain qui ne quittera plus ces unités.

Pendant la Première Guerre mondiale, les « Diables Bleus » gagnent leur surnom et leur réputation dans les Vosges, sur des sommets disputés mètre par mètre. En mai 1940, la 27e demi-brigade de chasseurs alpins s’illustre en Norvège, à Narvik, l’une des premières victoires alliées de la guerre. En juin de la même année, lors de la bataille des Alpes, l’armée des Alpes tient la frontière de la Tarentaise à Menton face à l’offensive italienne. Vient ensuite la Résistance, dont les troupes de montagne forment l’un des noyaux alpins, des Glières au Vercors. Aujourd’hui, les soldats de la 27e brigade d’infanterie de montagne servent sur les théâtres extérieurs de la France, des Balkans à l’Afghanistan, du Liban au Sahel. Le mémorial du Mont-Jalla, à quelques minutes de marche au-dessus du fort, honore ceux qui y ont laissé la vie.

Mulet portant un canon de montagne, collections du musée des Troupes de Montagne
Le mulet et son canon de montagne, emblèmes des collections : jusqu’au milieu du XXe siècle, l’artillerie alpine se déplaçait à dos de mulet. Photo Isere-culture, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Les collections

Le parcours mêle pièces emblématiques et mises en situation : le mulet bâté portant son canon de montagne — l’artillerie alpine s’est déplacée à dos de mulet jusqu’au milieu du XXe siècle —, les uniformes et coiffures des différentes époques, des tartes de chasseurs aux tenues blanches des éclaireurs-skieurs, les armes, skis et matériels de haute montagne, ainsi que des maquettes des forts alpins. Une bibliothèque patrimoniale et des expositions temporaires complètent le parcours permanent, conçu pour être accessible aux familles comme aux passionnés.

Préparer sa visite

Le musée ouvre du mardi au dimanche, de 9 h 30 à 18 h 30 (fermé le lundi). L’entrée est gratuite ; un audioguide en quatre langues est proposé pour une somme modique. L’accès le plus agréable se fait par le téléphérique de Grenoble-Bastille, les célèbres « bulles », ou à pied par les sentiers du parc ; horaires et conditions du jour sont à vérifier sur le site du musée avant votre venue. La visite se combine naturellement avec le mémorial du Mont-Jalla et les sentiers fortifiés du secteur.

Grenoble et le fort de la Bastille, face à la Chartreuse
Le fort de la Bastille domine Grenoble, l’Isère et la vallée du Grésivaudan.