Unités et garnisons

Le pic Saint-Michel, sommet du Vercors dominant la commune de Varces-Allières-et-Risset
Le pic Saint-Michel, point culminant du territoire de Varces-Allières-et-Risset (1 966 m), sur la crête du Vercors. Photographie Loïc Faucon, 22 septembre 2017, licence CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Varces, quartier des troupes de montagne au pied du Vercors

Au pied du Vercors, la commune de Varces-Allières-et-Risset (Isère) abrite depuis 1976 l’un des points de rassemblement les plus denses des troupes de montagne françaises : le quartier de Reyniès, où cohabitent l’état-major de la 27e brigade d’infanterie de montagne, un bataillon de chasseurs alpins et un régiment d’artillerie de montagne. Le nom du quartier renvoie à un épisode de la Résistance iséroise resté, jusqu’ici, largement en marge des articles consacrés aux unités qui y stationnent.

Un quartier qui rassemble plusieurs unités de montagne

Varces-Allières-et-Risset naît le 1er janvier 1955 de la fusion de la commune de Varces avec celle d’Allières-et-Risset.[1] La commune s’étend des bords du Drac, à 280 mètres d’altitude, jusqu’à la crête du Vercors et au pic Saint-Michel, qui culmine à 1 966 mètres.[1] C’est sur ce territoire, dans le quartier baptisé de Reyniès, que le ministère des Armées installe aujourd’hui l’état-major de la 27e brigade d’infanterie de montagne, le 93e régiment d’artillerie de montagne, un bataillon de chasseurs alpins et une compagnie de commandement et de transmissions de montagne.[2]

Varces-Allières-et-Risset en repères

  • Commune née le 1er janvier 1955 de la fusion de Varces et d’Allières-et-Risset.
  • Territoire du Drac (280 m) au pic Saint-Michel, sur la crête du Vercors (1 966 m).
  • Quartier de Reyniès : état-major de la 27e BIM, 93e RAM, 7e BCA depuis 2012, 27e compagnie de commandement et de transmissions de montagne.

De Grenoble à Varces : un transfert dicté par l’urbanisme

Avant Varces, l’artillerie de montagne grenobloise tenait garnison au quartier Hoche, dans le sud de Grenoble, aux côtés d’un bataillon de chasseurs alpins et d’un régiment du génie.[3] La page consacrée par la Ville d’art et d’histoire de Grenoble à la caserne de Bonne, sa jumelle urbaine, confirme que le quartier Hoche a aujourd’hui disparu.[3] Le départ de l’armée, au début des années 1970, libère un terrain de neuf hectares que la municipalité d’Hubert Dubedout acquiert rapidement pour éviter la spéculation immobilière : un projet de quartier mêlant espaces verts, logements sociaux locatifs et équipements publics est adopté par la Ville en 1974.[3] C’est dans ce contexte que le 93e régiment d’artillerie de montagne et un bataillon de chasseurs alpins s’installent en 1976 dans des locaux neufs à Varces, qui deviendront le quartier de Reyniès.[4]

Chronologie du quartier de Reyniès

  1. 1955 : la commune de Varces fusionne avec celle d’Allières-et-Risset.[1]
  2. 29 janvier 1944 : le camp de résistants de Malleval, dans le Vercors, formé pour reconstituer clandestinement le 6e bataillon de chasseurs alpins, est attaqué et détruit par les troupes allemandes.[5]
  3. 6 mai 1944 : le chef de bataillon Albert de Seguin de Reyniès, qui dirige alors l’ensemble de la résistance armée de l’Isère, est arrêté à Grenoble.[6]
  4. 1976 : le 93e régiment d’artillerie de montagne et un bataillon de chasseurs alpins quittent le quartier Hoche de Grenoble pour des locaux neufs à Varces.[4]
  5. Juillet 1999 : la 27e division, réduite au format brigade, prend le nom de 27e brigade d’infanterie de montagne.[7]
  6. Été 2012 : le 7e bataillon de chasseurs alpins rejoint le quartier de Reyniès, après avoir tenu garnison à Bourg-Saint-Maurice depuis 1922.[2]
  7. 2025 : une crèche militaire de trente berceaux ouvre au sein du quartier, à l’issue d’un chantier engagé en octobre 2024.[8]

Le nom du quartier, la mémoire d’un chef de la Résistance iséroise

Le quartier de Reyniès porte le nom d’Albert de Seguin de Reyniès, officier du 6e bataillon de chasseurs alpins jusqu’à sa dissolution en 1942, puis chef de la résistance armée de l’Isère, déjà présenté par un autre article de ce site.[6] Un épisode de son action, jusqu’ici non traité sur ce site, se déroule dans le Vercors même, au pied duquel se dresse aujourd’hui le quartier qui porte son nom : à la fin de 1943, il fait établir près du hameau de Malleval un camp destiné à reconstituer clandestinement le 6e BCA, sous le commandement sur place du lieutenant Gustave Eysseric.[5] Le 29 janvier 1944, les troupes allemandes encerclent Malleval par le bas et par les falaises qui le dominent : le lieutenant Eysseric meurt dans l’attaque, une partie du village est incendiée, et l’opération fait au total plusieurs dizaines de victimes parmi les maquisards et les habitants.[5] Reyniès, qui coordonne alors depuis l’extérieur l’ensemble des groupes de l’Armée secrète iséroise, n’est arrêté que trois mois plus tard, le 6 mai 1944, place de Verdun à Grenoble, sur dénonciation d’un ancien du 6e BCA passé à la Milice.[6]

Il est déclaré mort dans sa cellule vers minuit, mais son corps n’a jamais été retrouvé.

Mémoire Vive de la Résistance, notice consacrée à Albert de Seguin de Reyniès[6]

Ce que les sources consultées établissent solidement : le quartier de Varces porte le nom de Reyniès en hommage à cet officier, et plusieurs sources indépendantes (page municipale de Varces, actualités locales, association de patrimoine militaire) le confirment.[1] La date précise de la cérémonie de dénomination, parfois avancée au 20 mai 1979, n’a en revanche été retrouvée que sur une source non vérifiée : elle n’est donc pas reprise ici comme un fait établi.

Panneau d'entrée de la commune de Varces-Allières-et-Risset
Panneau d’entrée de Varces-Allières-et-Risset, commune née en 1955 de la fusion de Varces et d’Allières-et-Risset. Photographie Patafisik, 7 août 2018, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le quartier aujourd’hui

Le quartier de Reyniès continue d’accueillir les quatre formations qui s’y sont installées entre 1976 et 2012 : l’état-major de la 27e BIM (qui partage ce rôle avec l’hôtel des troupes de montagne de Grenoble), le 93e RAM, le 7e BCA et la 27e compagnie de commandement et de transmissions de montagne.[2] La vie du quartier ne se limite pas à l’instruction militaire : une crèche de trente places, financée par le plan famille du ministère des Armées pour un montant de 2,3 millions d’euros, y a ouvert en 2025 à l’intention des familles de militaires du secteur grenoblois.[8]

En bref

Varces-Allières-et-Risset, commune née en 1955 au pied du Vercors, abrite depuis 1976 le quartier de Reyniès, où l’armée a regroupé plusieurs unités quittant un quartier grenoblois voué à la démolition. Le nom du quartier honore un officier résistant isérois dont l’un des épisodes majeurs, la reconstitution clandestine du 6e BCA au camp de Malleval, s’est joué dans le massif du Vercors lui-même avant de se terminer par son arrestation à Grenoble.

Questions fréquentes

Pourquoi le quartier militaire de Varces porte-t-il le nom de Reyniès ?

En hommage à Albert de Seguin de Reyniès, chef de bataillon du 6e BCA devenu chef de la résistance armée de l’Isère, arrêté par les Allemands à Grenoble le 6 mai 1944 et mort en détention.[6]

Quelles unités stationnent aujourd’hui au quartier de Reyniès ?

L’état-major de la 27e brigade d’infanterie de montagne, le 93e régiment d’artillerie de montagne, le 7e bataillon de chasseurs alpins et la 27e compagnie de commandement et de transmissions de montagne.[2]

Le camp de Malleval et le quartier de Reyniès sont-ils le même lieu ?

Non. Malleval est un hameau du massif du Vercors où un camp de résistants fut détruit en janvier 1944 ; le quartier de Reyniès se trouve dans la vallée, à Varces, au pied de ce même massif.[5]

Le 7e BCA a-t-il toujours tenu garnison à Varces ?

Non : le bataillon a tenu garnison à Bourg-Saint-Maurice de 1922 à 2012, avant de rejoindre le quartier de Reyniès.[2]

Sources et références

  1. Ville de Varces, pages « Identité de la ville » et « Histoire de la ville », varces.fr, consulté le 05/09/2026.
  2. Ministère des Armées, page officielle « 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM) », defense.gouv.fr, consulté le 05/09/2026.
  3. Grenoble, Ville d’art et d’histoire, notice « Caserne de Bonne », grenoble-patrimoine.fr, consulté le 05/09/2026, recoupée pour le contexte du projet urbain de 1974 avec « Quartier Hoche », grenoble-cularo.over-blog.com, consulté le 05/09/2026.
  4. Association du patrimoine militaire de Lyon et sa région, « Le 93° RAM », museemilitairelyon.com, consulté le 05/09/2026. Déjà utilisée comme source pour l’article sur le 93e RAM.
  5. Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance), Julien Guillon, « L’anéantissement des camps du maquis de Malleval, 29 janvier 1944 », museedelaresistanceenligne.org, consulté le 05/09/2026.
  6. Mémoire Vive de la Résistance, notice « de Seguin de Reyniès », mvr.asso.fr, consulté le 05/09/2026.
  7. Association du patrimoine militaire de Lyon et sa région, « La 27° Division Alpine », museemilitairelyon.com, consulté le 05/09/2026. Déjà utilisée comme source pour l’article sur la 27e brigade d’infanterie de montagne.
  8. ESSOR Isère, « Une crèche construite au quartier militaire de Varces d’ici l’été 2025 », mesinfos.fr, consulté le 05/09/2026.

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