Insignes et traditions

Musicien de la fanfare du 27e bataillon de chasseurs alpins jouant du cor des Alpes en tenue de cérémonie
Musicien de la fanfare du 27e BCA au cor des Alpes, festival de musiques militaires de Nice, 6 octobre 2007. Photographie davric, Wikimedia Commons, domaine public.

La fanfare du 27e BCA, unique musique militaire des chasseurs alpins

Basée à Annecy, la fanfare du 27e bataillon de chasseurs alpins est aujourd’hui, selon la formulation même du ministère des Armées, l’unique musique militaire représentant les bataillons de chasseurs alpins. Une formation plus modeste et plus ancienne dans ses usages que les grands orchestres professionnels de l’armée de Terre, dont l’histoire propre reste, pour une large part, difficile à dater avec précision.

Une fanfare, pas une musique : une distinction réglementaire

Le vocabulaire militaire distingue deux catégories de formations musicales, et la différence n’est pas seulement de taille. Une réglementation de 1989 répartit les ensembles de l’armée de Terre entre formations territoriales, dites musiques principales, régionales ou divisionnaires, et formations régimentaires, elles-mêmes divisées en musiques régimentaires, fanfares de type infanterie et fanfares de type arme blindée cavalerie.[1] La fanfare du 27e BCA relève de cette seconde catégorie : rattachée directement au bataillon plutôt qu’à un commandement musical autonome, elle n’a jamais eu le statut, ni les effectifs, d’une musique principale.

Cette distinction a pris tout son sens après la fin du service militaire obligatoire en 2001, qui professionnalise progressivement les effectifs musicaux de l’armée de Terre.[2] Le 1er septembre 2016, un commandement spécifique, le commandement des musiques de l’armée de Terre (Commat), est créé pour structurer les formations professionnelles de l’arme.[2] Il régit aujourd’hui six musiques principales, celles de l’infanterie, de l’arme blindée cavalerie, des troupes de marine, des transmissions, des parachutistes et de l’artillerie.[3] La fanfare du 27e BCA n’en fait pas partie : elle reste une formation de bataillon, plus petite, sans équivalent pour aucun autre bataillon de chasseurs alpins.

Fanfare ou musique : la différence

Une « musique » de l’armée de Terre est une formation professionnelle rattachée à une arme entière (l’infanterie, l’artillerie) et intégrée depuis 2016 au Commat. Une « fanfare » est une formation plus réduite, historiquement rattachée à un seul régiment ou bataillon. La plupart des fanfares de bataillon ont disparu avec la fin de la conscription ; celle du 27e BCA a subsisté.

Des origines difficiles à dater précisément

Le bataillon lui-même naît le 30 janvier 1871 à Rochefort, en Charente-Maritime, sous le nom de 27e bataillon de chasseurs à pied, bien avant sa spécialisation montagnarde.[4] Ce n’est qu’en 1889 qu’il devient bataillon alpin de chasseurs à pied, dans le mouvement plus large de la loi du 24 décembre 1888 qui qualifie douze bataillons d’« alpins ».[4]

Plusieurs pages consacrées à la fanfare, dont une encyclopédie collaborative, font remonter son activité à cette même année 1871, celle de la création du bataillon, sans citer de source propre à la formation musicale : ce point n’est donc pas retenu comme un fait établi. Aucune source de premier rang consultée pour cet article, ni la page officielle du ministère des Armées, ni les travaux universitaires disponibles, ne confirme cependant cette date pour la formation musicale elle-même, distincte du bataillon qui l’héberge. Un bataillon de chasseurs à pied nouvellement formé à Rochefort, avant même sa spécialisation alpine, n’avait pas nécessairement de fanfare constituée dès son premier jour. Faute de texte réglementaire ou d’archive citée à l’appui, ce point reste une tradition reprise d’une page à l’autre plutôt qu’un fait établi.

Ce que l’archive ne permet pas de trancher, cet article le signale plutôt que de reprendre une date par commodité. La création précise de la fanfare, comme formation distincte du bataillon, n’a pas pu être établie à partir des sources consultées.

Ce que retient une chronologie sourcée

  1. 30 janvier 1871 : création à Rochefort du 27e bataillon de chasseurs à pied, pas encore alpin.[4]
  2. 1889 : le bataillon devient bataillon alpin de chasseurs à pied, dans la foulée de la loi du 24 décembre 1888.[4]
  3. 1989 : une réglementation de l’armée de Terre range les fanfares de bataillon parmi les formations régimentaires, distinctes des musiques principales.[1]
  4. 2001 : la fin du service militaire obligatoire professionnalise progressivement les effectifs musicaux de l’armée de Terre.[2]
  5. 14 juillet 2012 : la fanfare du 27e BCA est musique d’honneur du défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées, où elle joue Le Téméraire à une cadence de marche rapide, environ 135 pas par minute.[5]
  6. 2013 : la formation remporte la Palme d’or au festival international de musique militaire de Québec.[6]
  7. 1er septembre 2016 : création du commandement des musiques de l’armée de Terre (Commat), qui structure désormais les musiques professionnelles de l’arme sans intégrer la fanfare du 27e BCA.[2]
  8. 14 juillet 2018 : troisième participation du 27e BCA au défilé parisien depuis 2012, l’année où l’on célèbre le 130e anniversaire des troupes de montagne.[7]

Le cor des Alpes, l’instrument qui la distingue

Composée de tous les pupitres de cuivres et de bois, la fanfare interprète un large répertoire qui va de la musique militaire à la musique montagnarde traditionnelle, jouée notamment au cor des Alpes, jusqu’à des pièces actuelles.[1] Le cor des Alpes n’est pas un instrument militaire d’origine : c’est un instrument pastoral, hérité des villages de montagne de Savoie, où il servait à rassembler les troupeaux et à transmettre des signaux d’une vallée à l’autre. Son intégration au répertoire de la fanfare relie directement la formation à un fonds musical savoyard bien antérieur à la création du bataillon lui-même, celui-là même qui a donné aux chasseurs alpins un autre de leurs emblèmes, l’hymne Les Allobroges.

Une formation professionnelle, aux effectifs incertains

La page officielle du ministère des Armées ne publie aucun effectif précis. Une source spécialisée, la Confédération française des batteries-fanfares, avance en janvier 2023 un chiffre d’environ vingt-cinq musiciens, actifs et réserve confondus, tous diplômés de conservatoires ou d’écoles de musique.[8] Ce nombre, non confirmé par la source institutionnelle elle-même, doit être lu comme une estimation datée plutôt que comme un effectif officiel et permanent : une formation de cette taille varie d’une campagne de recrutement à l’autre.

Cérémonies militaires, concerts civils

Musiciens de la fanfare du 27e bataillon de chasseurs alpins alignés en tenue bleue de cérémonie
La fanfare du 27e BCA en formation, festival de musiques militaires de Nice, 6 octobre 2007. Photographie davric, Wikimedia Commons, domaine public.

La fanfare intervient lors des prises d’armes, des passations de commandement et des commémorations militaires, mais aussi lors de concerts, d’aubades et d’animations scolaires ouvertes au public.[1] Le ministère des Armées la présente comme un vecteur essentiel du lien entre l’armée et la nation.[1] Basée au quartier Tom Morel, à Cran-Gevrier, elle partage la garnison du 27e BCA dont l’histoire propre, des Glières à l’Afghanistan, est traitée par ailleurs sur ce site.

Ce que dit, et ne dit pas, la source officielle

De nombreuses pages consacrées à la fanfare du 27e BCA, y compris des encyclopédies collaboratives, la présentent comme la dernière fanfare de toute l’armée française. La page officielle du ministère des Armées, elle, formule une affirmation plus précise et plus vérifiable : la fanfare reste l’unique musique militaire représentant les bataillons de chasseurs alpins, une affirmation circonscrite à cette arme, pas à l’ensemble de l’armée de Terre.[1] Cet article retient la formulation la plus étroite, la seule que la source institutionnelle assume explicitement.

En bref

  • La fanfare du 27e BCA, basée à Annecy, est l’unique musique militaire représentant aujourd’hui les bataillons de chasseurs alpins.
  • Elle relève de la catégorie réglementaire des fanfares de bataillon, distincte depuis 1989 des musiques principales de l’armée de Terre.
  • Sa date de création précise, comme formation musicale distincte du bataillon, n’a pas pu être établie par les sources consultées.
  • Le cor des Alpes, instrument pastoral savoyard, la distingue des autres formations militaires françaises.
  • Environ vingt-cinq musiciens, actifs et réserve, selon une estimation de 2023.

Questions fréquentes

Depuis quand la fanfare du 27e BCA existe-t-elle ?

Le bataillon existe depuis le 30 janvier 1871. La fanfare, comme formation musicale distincte, n’a pas de date de création confirmée par une source de premier rang : les pages qui avancent 1871 reprennent la date du bataillon sans citer d’archive propre à la formation musicale.

La fanfare du 27e BCA est-elle vraiment la dernière de toute l’armée française ?

Le ministère des Armées affirme qu’elle est l’unique musique militaire des bataillons de chasseurs alpins, une affirmation limitée à cette arme. Il n’affirme pas qu’elle serait la dernière fanfare de bataillon de toute l’armée de Terre, une formulation plus large que l’on trouve ailleurs sans source institutionnelle à l’appui.

Pourquoi joue-t-elle du cor des Alpes ?

Le cor des Alpes est un instrument pastoral traditionnel des villages de montagne de Savoie, sans lien d’origine avec l’armée. Son intégration au répertoire ancre la fanfare dans l’identité montagnarde du bataillon plutôt que dans la seule tradition militaire.

Peut-on entendre la fanfare en dehors des cérémonies militaires ?

Oui. Au-delà des prises d’armes et des commémorations, elle se produit en concerts, aubades et animations scolaires ouvertes au public, notamment en Haute-Savoie.

  1. Ministère des Armées, page officielle « Fanfare du 27e bataillon de chasseurs alpins », defense.gouv.fr, consultée le 25 septembre 2026.
  2. Ministère des Armées, TerreMag, « La musique dans l’armée de Terre », terremag.defense.gouv.fr, consultée le 25 septembre 2026.
  3. Portail fédérateur de l’armée de Terre, Commat, « Nos ensembles musicaux », terre.defense.gouv.fr, consultée le 25 septembre 2026.
  4. Ministère des Armées, page officielle du 27e bataillon de chasseurs alpins, defense.gouv.fr, consultée le 25 septembre 2026.
  5. ANORI, association affiliée à l’Union nationale des officiers de réserve, « Le nouveau DVD de la Fanfare du 27ème BCA : Un Paris fou ! », anori.fr, consultée le 25 septembre 2026.
  6. Jean-Luc Vannier, « La fanfare du 27e bataillon des chasseurs alpins commémore la Grande Guerre à Villefranche-sur-Mer », musicologie.org, 30 juin 2014, consultée le 25 septembre 2026.
  7. France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, « Haute-Savoie : le 27e BCA répète pour le défilé du 14 juillet à Paris », france3-regions.franceinfo.fr, 5 juillet 2018, consultée le 25 septembre 2026.
  8. Confédération française des batteries-fanfares, « La Fanfare des chasseurs alpins (27ème BCA) recrute », batterie-fanfare.fr, 29 janvier 2023, consultée le 25 septembre 2026.