Environ deux cents hommes, répartis entre trois bataillons de chasseurs alpins et quelques autres unités de la 27e brigade d’infanterie de montagne, forment aujourd’hui le Groupement commando montagne (GCM). Son existence n’a été révélée publiquement qu’en 2007, à la mort d’un sous-officier savoyard tombé à Kaboul. Sur la date exacte de sa création, en revanche, les sources spécialisées se contredisent.
Une capacité intégrée aux bataillons de chasseurs alpins
Le Groupement commando montagne n’est pas un régiment autonome, avec sa caserne et son drapeau propres : c’est une capacité répartie à l’intérieur des unités de la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM), déjà présentée sur ce site. La page officielle du ministère des Armées consacrée au 7e bataillon de chasseurs alpins le confirme sans détour : au sein de la compagnie d’éclairage et d’appui du bataillon, « elle comprend le groupement commandos de montagne (GCM) »1. Selon l’association Soutien Commando, qui vient en aide aux blessés de ces unités, l’effectif total avoisine deux cents hommes, dont environ quatre-vingt-dix répartis entre les 7e, 13e et 27e bataillons de chasseurs alpins, le reste étant rattaché à quatre autres formations de la brigade2. Une vidéo officielle du 93e régiment d’artillerie de montagne, déjà présenté sur ce site, confirme qu’il compte l’une de ces formations : elle montre, le 20 janvier 2016, un exercice d’aérocordage (l’insertion par corde depuis un hélicoptère) mené par le détachement du GCM intégré au régiment3. Les commandos montagne s’entraînent en priorité à deux savoir-faire : le renseignement en zone difficile d’accès et l’action offensive en haute montagne ou en conditions climatiques extrêmes, y compris arctiques. C’est cette double vocation, mêlant reconnaissance et combat, qui les distingue de leur unité d’origine.
Une filiation qui remonte aux éclaireurs-skieurs de l’entre-deux-guerres
Le GCM se présente comme l’héritier d’une lignée bien plus ancienne que lui. Elle commence avec les sections d’éclaireurs-skieurs (SES), déjà traitées en détail sur ce site : nées à la fin des années 1920 et généralisées à tous les bataillons alpins en 1931, elles fournissaient le renseignement en haute montagne et comptaient dans leurs rangs des figures devenues célèbres, comme le lieutenant Tom Morel, tombé aux Glières en 1944. Selon le magazine de défense Défense Zone, les SES se prolongent après-guerre en sections de renseignement (SR), qui regroupent alors les meilleurs montagnards de chaque bataillon et sont surnommées « les Invisibles » pour leurs missions en terrain difficile, avant de se regrouper en 1988 sous l’appellation URH 27 (unité de recherche humaine), forte de cent trente-cinq hommes répartis dans les corps de la brigade4. Cette partie de la filiation, entre 1945 et 1988, ne repose sur aucune autre source consultée : elle n’a pas pu être recoupée avec une notice d’archive ou une page institutionnelle, et reste rapportée comme telle.
C’est cette URH 27, orientée vers le seul renseignement humain pendant la période de conscription, qui devient le Groupement commando montagne en y ajoutant une capacité offensive, une fois la professionnalisation de l’armée engagée.
Une chronologie, trois dates qui se disputent la même transformation
- Fin des années 1920 à 1931 : création puis généralisation des sections d’éclaireurs-skieurs dans les bataillons de chasseurs alpins, déjà détaillée dans un autre article de ce site.
- Après 1945 : selon Défense Zone, les SES se prolongent en sections de renseignement (SR), surnommées « les Invisibles ».
- 1988 : les SR se regroupent, toujours selon la même source, sous l’appellation URH 27 (unité de recherche humaine), cent trente-cinq personnels répartis dans la brigade4.
- 1997, 2006 ou 2007 : trois sources spécialisées indépendantes donnent trois dates différentes pour la transformation de l’URH 27 en Groupement commando montagne (voir l’encadré ci-dessous).
- 21 septembre 2007 : l’adjudant-chef Laurent Pican, du 13e bataillon de chasseurs alpins, meurt à Kaboul dans l’explosion d’une voiture piégée au passage de son véhicule9 ; sa mort révèle publiquement, pour la première fois, l’existence du GCM5.
- Mars et avril 2022 : des chasseurs alpins de la 27e BIM participent aux exercices de l’OTAN Brilliant Jump, en Norvège7, et Mission Lynx, en Estonie8, illustrant l’engagement actuel de la brigade en environnement arctique.
Ce que disent les sources, et ce qu’elles ne disent pas
Aucune des trois dates avancées pour la naissance du Groupement commando montagne ne provient d’un texte réglementaire ou d’une notice d’archive du Service historique de la Défense. L’association Soutien Commando situe la création en 1997, au moment de la professionnalisation de l’armée2. Le magazine Défense Zone situe la transformation de l’URH 27 en GCM en 20064. Le site spécialisé Theatrum Belli, dans sa notice consacrée à l’adjudant-chef Pican, écrit que son unité, l’unité de recherche humaine, est « devenu[e] groupement de commandos de montagne en 2007 »5, l’année même de sa mort. Aucune des trois sources ne cite l’origine de sa propre date. Le seul point sur lequel toutes s’accordent est que l’existence de l’unité, quelle que soit sa date de naissance exacte, n’a été rendue publique qu’à la mort de Pican, en septembre 2007. Cet article rapporte les trois dates plutôt que d’en retenir une seule.
Par transparence : aucune photographie en licence libre confirmant nommément représenter des commandos du GCM n’a été retrouvée pour cet article. La discrétion qui a entouré l’unité jusqu’en 2007 explique en partie cette rareté. Les photographies choisies montrent des chasseurs alpins de la 27e BIM en exercice OTAN, sans qu’il soit établi qu’elles représentent spécifiquement des commandos montagne.
Le renseignement au service du combat en montagne, aujourd’hui
Les missions confiées au GCM restent, par nature, peu documentées dans le détail. Le ministère des Armées a toutefois confirmé publiquement l’engagement de l’unité hors de métropole : une page d’archives du ministère, publiée pendant l’opération Barkhane, porte pour titre « le groupement commando montagne en opération dans le Gourma », une région du Mali6. Plus largement, la 27e BIM, dont dépendent les bataillons qui hébergent des détachements du GCM, a pris part ces dernières années à des exercices de l’OTAN se déroulant en conditions arctiques : en mars 2022, des chasseurs alpins de la brigade débarquent en Norvège pour l’exercice Brilliant Jump7.
L’insertion par corde depuis un hélicoptère (l’aérocordage), déjà illustrée en 2016 par le détachement du 93e régiment d’artillerie de montagne, permet aux commandos d’être déposés là où un atterrissage est impossible3. Cette compétence technique, ajoutée aux savoir-faire hérités des éclaireurs-skieurs, situe le GCM au croisement de deux traditions : celle du renseignement en haute montagne, remontant à l’entre-deux-guerres, et celle de l’action commando, plus récente et empruntée à la professionnalisation de l’armée. Le musée des Troupes de montagne, à Grenoble, présente plus largement l’évolution de l’équipement et des missions de ces unités de reconnaissance.
En bref
Le Groupement commando montagne (GCM) regroupe environ deux cents hommes au sein de la 27e brigade d’infanterie de montagne, répartis notamment dans les 7e, 13e et 27e bataillons de chasseurs alpins et le 93e régiment d’artillerie de montagne. Héritier des sections d’éclaireurs-skieurs de l’entre-deux-guerres via l’URH 27, il combine renseignement en haute montagne et action commando. Sa date de création exacte reste incertaine (1997, 2006 ou 2007 selon les sources) ; son existence n’a été rendue publique qu’en 2007, à la mort au combat de l’un de ses membres à Kaboul.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Groupement commando montagne ?
C’est une capacité de commando intégrée aux bataillons de chasseurs alpins de la 27e brigade d’infanterie de montagne, spécialisée dans le renseignement et le combat offensif en haute montagne et en conditions climatiques extrêmes.
Depuis quand existe le GCM ?
La question ne trouve pas de réponse unique dans les sources consultées : 1997, 2006 et 2007 sont chacune avancées par une source spécialisée différente, sans qu’aucune ne s’appuie sur un texte réglementaire daté. Son existence n’a en tout cas été révélée publiquement qu’en 2007.
Le GCM est-il un régiment à part entière ?
Non. C’est une formation répartie à l’intérieur d’autres unités, notamment les 7e, 13e et 27e bataillons de chasseurs alpins et le 93e régiment d’artillerie de montagne, et non un corps autonome avec sa propre garnison.
Quel est le lien entre le GCM et les sections d’éclaireurs-skieurs ?
Selon les sources consultées, le GCM descend, via les sections de renseignement de l’après-guerre puis l’URH 27 créée en 1988, des sections d’éclaireurs-skieurs de l’entre-deux-guerres, premières unités de reconnaissance en haute montagne des bataillons de chasseurs alpins.
Sources et références
- Ministère des Armées et des Anciens combattants, page officielle « 7e bataillon de chasseurs alpins », defense.gouv.fr, consultée le 22 septembre 2026.
- Soutien Commando, association de soutien aux commandos blessés, « Les commandos de montagne, le plus méconnu des groupements commandos », soutien-commando.fr, consultée le 22 septembre 2026.
- 93e régiment d’artillerie de montagne, vidéo officielle « Aérocordage GCM 93 », 20 janvier 2016, via Wikimedia Commons, consultée le 22 septembre 2026.
- Défense Zone, magazine défense en ligne, « Le groupement commando montagne de la 27e BIM », defense-zone.com, consulté le 22 septembre 2026.
- Theatrum Belli, site spécialisé défense, « In memoriam : adjudant-chef Laurent Pican », par Jean-Baptiste Tomachevsky, theatrum-belli.com, consultée le 22 septembre 2026.
- Ministère des Armées et des Anciens combattants (archives), « Barkhane : le groupement commando montagne en opération dans le Gourma », archives.defense.gouv.fr, repérée le 22 septembre 2026.
- Armée de Terre, photographie officielle, sergent Samantha Crowe, exercice Brilliant Jump, Norvège, mars 2022, via Wikimedia Commons, Licence Ouverte, consultée le 22 septembre 2026.
- Armée de Terre, photographie officielle, Adrien Courant, exercice Mission Lynx, Estonie, avril 2022, via Wikimedia Commons, Licence Ouverte, consultée le 22 septembre 2026.
- ECPAD, webdocumentaire Afghanistan, notice « Adjudant-chef Laurent Pican », ecpad.fr, consultée le 22 septembre 2026.
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- Les sections d’éclaireurs-skieurs Les premières unités de reconnaissance en haute montagne des bataillons de chasseurs alpins, ancêtres directes du GCM.
- La 27e brigade d’infanterie de montagne La brigade dont dépendent aujourd’hui les bataillons qui hébergent des détachements du Groupement commando montagne.
- Le 13e bataillon de chasseurs alpins Le bataillon savoyard auquel appartenait l’adjudant-chef Laurent Pican, dont la mort a révélé l’existence du GCM en 2007.
- Le 93e régiment d’artillerie de montagne Le régiment dont un détachement du GCM s’entraîne à l’aérocordage, comme le montre une vidéo officielle de 2016.
