L’état-major de la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM) siège à Grenoble et à Varces, au pied du Vercors. La brigade aligne aujourd’hui trois bataillons de chasseurs alpins, un régiment de cavalerie, un régiment d’artillerie, un régiment du génie et sa propre école de haute montagne. Elle ne porte ce nom que depuis 1999, au terme d’une chaîne de renommages qui remonte à une division grenobloise créée en 1873.
Une brigade d’urgence spécialisée dans le combat en montagne
Subordonnée à la 1re division de l’armée de Terre, la 27e BIM se présente comme une brigade d’urgence capable de conduire l’ensemble de ses missions dans un relief escarpé et en conditions climatiques extrêmes.[2] Elle reste, à ce titre, dépositaire des traditions des troupes de montagne créées en 1888 pour défendre la frontière alpine, sans se confondre avec elles : la brigade est une formation de l’armée de Terre en activité, distincte des associations d’anciens qui perpétuent aujourd’hui cette mémoire.[1]
Brigade, division, régiment : trois échelons
Une division regroupe plusieurs brigades ou régiments, en général plusieurs dizaines de milliers d’hommes. Une brigade, échelon intermédiaire, rassemble plusieurs régiments ou bataillons autour d’un état-major unique, de l’ordre de quelques milliers d’hommes. Un régiment ou un bataillon est l’unité de base, engagée directement sur le terrain. La 27e BIM a occupé tour à tour ces trois échelons au cours de son histoire, selon les réorganisations de l’armée de Terre.
D’une division grenobloise à la brigade professionnelle
L’unité qui deviendra la 27e BIM naît en 1873 sous la forme d’une 27e division d’infanterie, état-major à Grenoble, au sein du 14e corps d’armée.[3] Elle change ensuite plusieurs fois de format et d’appellation, au rythme des réorganisations de l’armée de Terre et des retours de campagne. La rupture la plus nette survient à la Libération : en septembre 1944, une division alpine encadre les Forces françaises de l’intérieur des Alpes depuis Challes-les-Eaux, avant de devenir, en décembre 1944, la 27e division d’infanterie alpine (27e DIA), héritière directe de la division de 1873.[3] Le ministère des Armées la désigne comme la première grande unité reconstituée à partir des maquis.[1]
Réduite en brigade après le retour de la guerre d’Algérie, reformée en division en 1976, elle prend sa dénomination actuelle le 1er juillet 1999, lors de la professionnalisation de l’armée de Terre : la 27e division d’infanterie de montagne (27e DIM) devient la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM).[1][3] Le même jour, le 2e régiment étranger de génie est créé à Saint-Christol-d’Albion, dans le Vaucluse, et rejoint la brigade.[10]
Chronologie sourcée
- 1873 : création de la 27e division d’infanterie, état-major à Grenoble, au sein du 14e corps d’armée.[3]
- 1888 : création des troupes alpines françaises, dont la 27e brigade reste aujourd’hui dépositaire des traditions.[1]
- 1932 : ouverture à Chamonix de l’École de haute montagne, première école militaire de ce type au monde.[4]
- Septembre 1944 : constitution d’une division alpine encadrant les Forces françaises de l’intérieur des Alpes, à Challes-les-Eaux.[3]
- Décembre 1944 : l’unité devient la 27e division d’infanterie alpine (27e DIA), première grande unité reconstituée à partir des maquis.[1]
- 1945 : déploiement en Autriche, entre Vorarlberg et Tyrol, puis reconstitution de l’école de haute montagne à Chamonix.[1][4]
- 1955 à 1962 : engagement en Kabylie pendant la guerre d’Algérie.[1]
- Décembre 1962 : réduction en 27e brigade alpine au retour d’Algérie.[3]
- 1964 : l’École de haute montagne prend le nom d’École militaire de haute montagne (EMHM).[4]
- Août 1976 : reconstitution en division sous l’appellation 27e division alpine.[3]
- 1983 : rattachement à la force d’action rapide ; la même année, le 4e régiment de chasseurs s’installe à Gap.[1][8]
- Juillet 1994 : nouveau changement de nom, la division devient la 27e division d’infanterie de montagne (27e DIM).[3]
- 1er juillet 1999 : professionnalisation, naissance de la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM) et création, le même jour, du 2e régiment étranger de génie.[1][10]
- 2009 : création du groupement d’aguerrissement en montagne (GAM) à Modane.[4]
- 2024 : le GAM est intégré à l’École militaire de haute montagne.[4]
Une chronologie de synthèse, pas de décret
Les dates de renommage ci-dessus reposent sur la page officielle du ministère des Armées et sur une synthèse publiée par une association de patrimoine militaire, qui se recoupent sur chaque changement d’appellation.[1][3] Aucune des deux ne reproduit le texte réglementaire, décret ou instruction ministérielle, qui a acté chaque transformation : ce site n’a pas eu accès à ces textes et se limite donc à ce que ces deux sources publiques établissent.
Les unités qui composent la brigade aujourd’hui
Autour de son état-major, la 27e BIM rassemble des unités de tradition alpine et des régiments d’appui rattachés lors des réorganisations successives.[2]
| Unité | Garnison | Rôle |
|---|---|---|
| État-major de la 27e BIM | Grenoble et Varces-Allières-et-Risset | Commandement de la brigade |
| 7e bataillon de chasseurs alpins (7e BCA) | Varces-Allières-et-Risset, quartier de Reyniès | Infanterie de montagne |
| 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA) | Barby, près de Chambéry, quartier Roc Noir | Infanterie de montagne motorisée |
| 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCA) | Cran-Gevrier, à Annecy | Infanterie de montagne |
| 4e régiment de chasseurs (4e RCh) | Gap | Cavalerie blindée, éclairage de la brigade |
| 93e régiment d’artillerie de montagne (93e RAM) | Varces-Allières-et-Risset, quartier de Reyniès | Appui feu et renseignement |
| 2e régiment étranger de génie (2e REG) | Saint-Christol-d’Albion, Vaucluse | Génie, unité de la Légion étrangère |
| École militaire de haute montagne (EMHM) | Chamonix-Mont-Blanc, avec le groupement d’aguerrissement en montagne à Modane | Formation au combat et à la vie en montagne |
Les trois bataillons de chasseurs alpins portent chacun une histoire propre, antérieure à leur rattachement à la brigade actuelle. Le 13e BCA, créé par décret impérial le 22 novembre 1853 puis formé à Besançon en janvier 1854, rejoint Chambéry en 1882 et devient bataillon alpin en 1888 ; il s’installe au quartier Roc Noir de Barby en juin 1980, officiellement inauguré le 2 octobre 1981.[6] Le 27e BCA, formé en 1871 puis alpin en 1889, s’installe à Annecy en 1922.[7] Le 7e BCA occupe le quartier de Reyniès à Varces depuis l’été 2012, après avoir tenu garnison à Bourg-Saint-Maurice de 1922 à cette date.[5] Le 93e RAM, qui partage le même quartier, a été formé le 1er janvier 1924 à Grenoble et se présente comme héritier des batteries alpines et du 1er régiment d’artillerie de montagne.[9]
Un nom qui revient à un chef de la Résistance isérois
Le quartier de Reyniès, à Varces, où stationnent le 7e BCA et le 93e RAM, porte le nom du chef de bataillon Albert de Seguin de Reyniès. Officier du 6e bataillon de chasseurs alpins jusqu’à sa dissolution le 27 novembre 1942, il entre alors dans la clandestinité et prend la tête de l’Armée secrète puis des Forces françaises de l’intérieur de l’Isère, chargé de coordonner et d’entraîner les groupes de maquisards du département.[12] Arrêté par la police politique allemande le 6 mai 1944, à l’âge de 44 ans, il disparaît sans qu’aucune trace ni sépulture n’ait jamais été retrouvée.[12]
Le siège historique, place de Verdun à Grenoble
L’état-major de la brigade occupe, à Grenoble, l’hôtel des troupes de montagne, un bâtiment de 2 500 m² construit entre 1863 et 1868 à la demande du maréchal Randon par l’architecte Jean-François Delarue, sur l’emplacement de l’ancien hôtel du gouverneur.[11] L’édifice, resté siège de commandement depuis le Second Empire, a fait l’objet d’une rénovation complète de ses façades en 2016 ; il ouvre exceptionnellement ses salons au public lors des Journées européennes du patrimoine.[11]
En bref
À retenir
La 27e brigade d’infanterie de montagne hérite d’une division grenobloise créée en 1873, reconstituée à la Libération à partir des maquis alpins sous le nom de 27e DIA, puis renommée à plusieurs reprises au gré des réorganisations de l’armée de Terre. Elle prend son appellation actuelle le 1er juillet 1999, lors de la professionnalisation. Elle rassemble aujourd’hui trois bataillons de chasseurs alpins, un régiment de cavalerie, un régiment d’artillerie, un régiment du génie et l’École militaire de haute montagne, répartis entre l’Isère, la Savoie, la Haute-Savoie, les Hautes-Alpes et le Vaucluse.
Questions fréquentes
Depuis quand la brigade porte-t-elle le nom de 27e BIM ?
Depuis le 1er juillet 1999, date à laquelle la 27e division d’infanterie de montagne devient la 27e brigade d’infanterie de montagne, dans le cadre de la professionnalisation de l’armée de Terre.[1]
Combien d’unités compte la 27e BIM ?
Autour de son état-major, la brigade rassemble trois bataillons de chasseurs alpins, un régiment de cavalerie, un régiment d’artillerie de montagne, un régiment du génie et l’École militaire de haute montagne, à quoi s’ajoutent des unités de soutien logistique et sanitaire.[2]
Où se trouve l’état-major de la 27e BIM ?
À Grenoble, dans l’hôtel des troupes de montagne, place de Verdun, et à Varces-Allières-et-Risset, dans le quartier de Reyniès qui héberge aussi une partie de l’état-major et deux régiments de la brigade.[2][11]
Sources et références
- Ministère des Armées, « 27e brigade d’infanterie de montagne » (page historique), defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « 27e Brigade d’Infanterie de Montagne (27e BIM) » (page unité et composition), defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Association du patrimoine militaire de Lyon et sa région, « La 27e Division Alpine », museemilitairelyon.com, 3 septembre 2021, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « École militaire de haute montagne », defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « 7e bataillon de chasseurs alpins », defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « 13e bataillon de chasseurs alpins », defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « 27e bataillon de chasseurs alpins », defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « 4e régiment de chasseurs », defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « 93e régiment d’artillerie de montagne », defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Ministère des Armées, « 2e régiment étranger de génie », defense.gouv.fr, consulté le 13 août 2026.
- Musée des Troupes de Montagne, « L’hôtel des troupes de montagne », museedestroupesdemontagne.fr, consulté le 13 août 2026.
- Conseil départemental de l’Isère, « Albert de Seguin de Reyniès », culture.isere.fr, consulté le 13 août 2026.
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